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ASSEMBLAGES , COLLAGES, SERRAGES

Le serrage est une science, et bien qu’elle paraisse inintéressante de prime abord, c’est en fait un domaine passionnant rempli de nombreuses subtilités, et dans tous les cas garant de la qualité et de la durée de vie d’un collage. Nous en aborderons ici les rudiments, mais qui permettrons avec un peu d’imagination d’aborder tous les problèmes que nous rencontrons, car de bonnes bases de compréhension auront été données.

Tout d’abord, j’en profite d’avoir une pièce d’entraînement réalisée en apprentissage pour vous donner les principaux tenons mortaises existants, puis les raisons qui font qu’un assemblage tient dans le temps ou prend du jeu.



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Mortaise classique, réalisée à la main grâce à un bédane (cf. mes outils)





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Tenon simple 

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Tenon avec épaulement : l'entaille qui le réduit en largeur sert à renforcer le maintien des joues de la mortaise dans le cas d'un assemblage en bout

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Tenon avec barbette de menuisier : ici, nous gardons l'intérêt du renfort de la mortaise avec un avantage en plus, car sachant que le bois travaille, et que les assemblages ont tendance à s'ouvrir avec le temps, on ne saurait voir le jour à travers un arasement ouvert.

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Tenon avec barbette d'ébéniste : là, les qualités d'assemblage du tenon précédent sont gardées, mais avec une qualité de plus : la barbette est invisible vu du dessus.




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Enfourchement : l'assemblage le plus rapide à effectuer, préservant du jour un arasement ouvert, mais ne garantissant pas les mêmes qualités de solidité de la mortaise.

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L'assemblage à la main garde toujours aujourd'hui des qualités de durabilité et de solidité que l'assemblage machine non retouché à la main n'a pas, dans les limites bien sûr du soin et de la précision apportés à sa réalisation : vous voyez ici une mortaise classique, et une réalisée à la mortaiseuse à mèche (fraise cylindrique se déplaçant longitudinalement). Vous comprendrez que sous l'effort, le chant arrondi du tenon subira un écrasement que le chant plat et large appuyant de toute sa surface n'aura pas.

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Un autre exemple des limites de la machine : nous avons ici une mortaise traditionnelle et une mortaise réalisée à la mortaiseuse à chaîne (chaîne de tronçonneuse plongeant verticalement dans le bois). La courbe naturelle de la chaîne ne pouvant entailler les angles jusqu'au bout, on est obligé d'amputer le tenon pour qu'il puisse y prendre place.






LE COLLAGE







La colle comme vous l'imaginez doit être utilisée au cas par cas. C'est d'autant plus vrai dans un assemblage main ou machine, ça l'est encore plus quand on recolle une partie ayant déjà été collée.
Il est indispensable que vous reteniez malgré ce que certains diront que les colles sont souvent incompatibles entre elles, non pas qu'elles s'auto détruisent dans une explosion atomique bien sûr, mais qu'elles n'ont plus la possibilité de jouer leur rôle. On peut alors parler plus de calage que de collage, et malheureusement, trop de professionnels ou d'amateur n'y prêtent que peu d'attention. Je traiterais lors d'un prochain article des différentes caractéristiques de toutes les colles.
Ce que l'on peut déjà dire, c'est que la colle animale supporte des épaisseurs de joint de collage tout en jouant son rôle collagène. Elle est donc idéale pour les imperfections de surface des assemblages faits à la main.
La colle blanche doit avoir des surfaces parfaites et un film quasi inexistant, elle doit jouer son rôle de pore à pore uniquement. Elle ne doit être utilisée que dans un assemblage neuf ou dans un assemblage ayant déjà été collé avec une colle de même nature.
Ce que vous devez retenir, c'est que la colle blanche n'accroche pas sur la colle animale, ou en tous cas pas longtemps. On les distingue assez facilement, car elles laissent l'une ou l'autre un film de colle jaune (pour l'animale) ou blanc.
Ne collez jamais un assemblage avec de la néoprène comme on le voit souvent, c'est la catastrophe !!!! Pour la petite blague, j'ai connu quelqu'un qui avait entreprit de recoller ses chaises avec du scotch double face sur les tenons…..ça n'a pas tenu bien sûr, mais ça n'a pas fait de mal à l'assemblage.










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Collage classique à la colle animale. Si cela avait été fait avec de la colle blanche, le film de colle (partie jaune) aurait été idéalement plus fin.











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Collage désastreux à la colle blanche sur de la colle animale, ce n'est que du calage, et la durée de vie de ce genre de choses est très limitée. On doit avoir recours à un nettoyage profond des assemblages pour effectuer à nouveau un travail correct. Malheureusement, ce nettoyage entraîne parfois un affaiblissement de l'assemblage, les conséquences évidentes sont donc un surcoût de restauration et une qualité de travail moindre ; on a donc tout intérêt à ne pas improviser dans le collage.



LE SERRAGE

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Après avoir vu la nécessaire qualité de l'assemblage, et le choix de la colle, l'étape finale d'un bon collage est le serrage. Ce dernier est indispensable pour deux raisons :

Il assure le bon positionnement des pièces et évite des collages « gauches » ou non d'équerre qui entraînent un mauvais travail de l'objet collé face aux efforts qu'il fournit, et donc à terme un décollage ou une casse.

Il assure de plus que les arasements des assemblages seront bien plaqués, conjuguant plaisir esthétique d'un joint parfait et solidité accrue du collage par l'impossibilité de jeu latéral qu'il procure.

Avant d'entreprendre tout collage, il est nécessaire de bien en préparer chaque étape, car une fois la colle étalée, les temps de serrage doivent être le plus court possible. On aura donc soin de compter le nombre de serres joints et de cales nécessaires, et au besoin, on s'assurera la réussite de l'opération par un « montage à blanc » préalable, c'est à dire sans colle.

Un bon collage tient, je dit cela pour les incrédules de la colle. Il faut seulement remplir les bonnes conditions. Un autre point important est de ne jamais avoir recours à des pointes en guise de cheville ou de serrage : il y a deux raisons à cela : la première est que la pointe contrairement à la cheville a un diamètre trop faible pour retenir le bois, et en conséquence le fend. Elle tue donc l'assemblage et sa possibilité d'être bien recollé par la suite, mais en plus , elle est très difficile à extraire, et contraint souvent l'ébéniste à s'acharner sur le bois entraînant surcoût et détérioration.

Le serre joint doit être parfaitement dans l'axe de l'assemblage, car sans ça, il déforme l'ensemble collé en lui donnant du « gauche » ( assemblage vrillé, non plan ), ou un mauvais équerrage. On peut s'aider visuellement en plaçant le serre joint parallèlement au côté sur lequel il travaille.
Il faut de plus pour se faciliter la suite des opérations serrer de manière très méthodique : d'abord les côtés, puis la façade, puis……etc.



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Vous savez qu'un parallélogramme dont les diagonales sont égales est à angle droit. On se sert de ça pour vérifier le bon équerrage d'un assemblage. Il est hors de question d'utiliser une équerre, car cet instrument est imprécis sur de grandes longueurs, ou pour des sections de bois pas toujours de profils et de sections très réguliers.

Les bons instruments de cette vérification sont le compas d'atelier ou le mètre.



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Si l'équerrage n'est pas au rendez vous, on aurait tendance à vouloir ramener la plus grande des diagonales avec un serre joint.

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On peut en fait le faire plus simplement en décalant les serres joints de quelques millimètres, et en jouant sur l'intensité du serrage.








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Si l'on ne possède pas de serres joints assez grands, on peut en jumeler deux de cette manière, pour le même résultat.








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Dans tout collage, on prendra soin d'utiliser des cales dites martyrs pour ne pas abîmer par écrasement la pièce à serrer. Dans certains cas où la cale glisserait trop sur la surface, on a recours à des cales de forme faites sur mesure, découpées à la scie à ruban ou à la scie sauteuse.



Dans le collage d'un siège par exemple, il est indispensable de vérifier le gauche de l'assise.
Pour cela, on aligne visuellement les traverses de façade puis celles de côté. La hauteur des pieds, et leur équilibre au sol ne doit pas être une référence, car bien souvent, les gens collent n'importe comment, et coupent les pieds par la suite pour assurer la stabilité. Collez vos meubles d'équerre et non gauches, et par la suite vous pourrez réajuster les pieds soit en les recoupant s'il d'agit de quelques millimètres, soit en les rallongeant par un enture.

Enfin, nettoyez les bavures de colle rapidement à l'éponge, car la colle sèche est souvent bien pénible à supprimer.











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