Le marbre est omniprésent sur le mobilier de style. Employé le plus généralement pour la confection des dessus, il occupe une fonction décorative et utilitaire, car sa matière dure peut recevoir des objets fréquemment déplacés, sans être abîmé.
Bien que de veinage et de couleur différents selon sa zone d'extraction, il revêt des apparences diverses, fonctions de son époque et sa finition.
En effet, l'outillage du cariste a considérablement évolué, notamment à partir de la révolution industrielle. La qualité et la précision d'exécution a donc grandi au fil des années. Nous pourrons dire en généralités que les épaisseurs se sont amenuisées tout au long des styles, et que la régularité de surfaçage s'en est grandement améliorée, jusqu'à atteindre la perfection dès la fin du XIXème siècle.
Pour reconnaître un marbre antérieur à 1800 (bien évidemment, ce n'est pas une date butoir….)
-L'épaisseur est irrégulière du fait de la technique de sciage (de 0 à plusieurs millimètres)
-La surface fait des vagues, mais de manière linéaire (une surface bosselée peut évoquer un trucage de faussaire)
-Le dessous est brut de sciage
-La découpe arrière est brute d'outil (voir la photo-ci dessus)
-La moulure périphérique est irrégulière, puisque faite et polie à la main.
De 1800 à 1850
-Le dessous est brut de sciage
-La découpe arrière est brute d'outil
-L'épaisseur, bien qu'elle ait gagné en qualité demeure souvent irrégulière
De 1850 à 1900
-Les épaisseurs sont régulières
-L'ensemble paraît irréprochable
-Les moulures ou découpes sont maîtrisées
-L'arrière est encore parfois brut d'outil
Aujourd'hui, les épaisseurs sont normalisées, tout est au millimètre (plus de côte bâtarde à un demi millimètre près). Le polissage est d'un tel parfait qu'il est sans âme, la surface est généralement recouverte d'un fort vernis à la manière d'une pierre tombale.
L'ENTRETIEN D'UN MARBRE ANCIEN :
Généralement, un marbre ne nécessite aucun entretien. Pour lui donner du brillant et une protection contre les agressions, on peut le cirer. La cire d'abeille teintée ou naturelle selon la couleur convient très bien, mais on peut aussi utiliser de la paraffine pour le marbre blanc ainsi que du cirage à chaussures pour les marbres noirs.
L'essentiel est de bien les astiquer par la suite, afin de ne pas laisser de trace.
Pour les tâches :
Après avoir décapé la surface (de l'alcool à 95° convient généralement assez bien), on peut employer de nombreux produits nettoyants comme la rubigine (que vous utilisez pour les vêtements), puis reprendre la finition à la cire.
Pour les rayures :
Le marbre se ponce, puis se polit. Il existe pour cette dernière opération grand nombre de procédés, notamment à base de poudre de silice.
Et ....la casse:
Ce sont des choses qui arrivent, et qui n'ont rien de dramatique, dans le sens où cela se restaure sans difficulté. Il faut malgré tout prendre l'état du marbre en ligne de compte lors de l'achat d'un meuble.
Le recollage s'effectue à l'araldite, colle bi-composante, qui une fois sèche redonne toute sa solidité d'origine aux morceaux. De couleur beige, on la laissera naturelle pour les marbres blancs, voire mélangée à du blanc de meudon ou de la ponce pour l'éclaircir un peu, ou bien on la teintera dans la masse avec divers pigments, pour l'aider à se fondre dans le décor.
Par la suite, il faudra procéder de la même manière qu'un marbre rayé pour arraser l'excédent de colle et redonner tout son lustre à la surface.